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Frelon asiatique aux pattes jaunes près d'un nid suspendu sous un toit, à côté d'un arrosoir et d'une plante.

Le frelon asiatique : le reconnaître et que faire d’un nid

En 2004, un apiculteur du Lot-et-Garonne a vu des frelons qu’il ne connaissait pas chasser devant ses ruches. Vingt ans plus tard, le frelon asiatique est présent dans presque toute la France. Il se reconnaît facilement, son nid ne se touche pas, et son année suit un calendrier précis.

Le reconnaître en trois détails

Le frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax) mesure 2 à 2,5 centimètres pour une ouvrière, jusqu’à 3 centimètres pour une reine, un peu moins que le frelon européen. Quand il est posé, on le reconnaît à trois détails :

  • un corps très sombre, brun-noir, presque sans jaune ;
  • une large bande orangée sur le quatrième anneau de l’abdomen (le frelon européen a un abdomen jaune marqué de brun-noir) ;
  • des pattes brunes au bout jaune vif, comme s’il avait marché dans de la peinture.

Vue de face, sa tête est orangée. Le frelon européen, lui, est brun-roux et jaune, avec un abdomen rayé ; la guêpe est bien plus petite et d’un jaune franc. La comparaison détaillée est sur la page Guêpes et frelons.

D’après le Muséum national d’histoire naturelle, l’espèce a été observée pour la première fois en France en 2004 et serait arrivée avec des poteries importées de Chine. Elle s’est ensuite étendue à presque tout le pays et à plusieurs pays voisins.

L’année d’un frelon asiatique

D’une reine seule à des milliers de frelons

Étape 1 sur 6

Fin d’hiver

La reine fécondée l’automne précédent sort de sa cachette et cherche un abri pour fonder sa colonie.

février à avril

Étape 2 sur 6

Nid primaire

Seule, elle construit un petit nid de papier, gros comme une orange, sous un toit, dans un cabanon, une haie ou un nichoir.

printemps

Étape 3 sur 6

Nid secondaire

Les premières ouvrières nées, la colonie déménage souvent dans un grand nid, construit en hauteur, fréquemment à plus de 10 mètres dans un arbre.

début de l’été

Étape 4 sur 6

Pleine saison

Le nid grossit jusqu’à abriter plusieurs milliers de frelons, qui chassent surtout des insectes, dont beaucoup d’abeilles.

été

Étape 5 sur 6

Nouvelles reines

Le nid produit des mâles et de futures reines, qui s’accouplent puis partent hiverner seules.

automne

Étape 6 sur 6

Hiver

Le reste de la colonie meurt. Le nid vide se dégrade et n’est jamais réutilisé.

décembre à février

Ce calendrier explique pourquoi on découvre souvent les nids en automne, quand les feuilles tombent : la colonie est alors à son maximum, et le nid, qui était caché dans le feuillage depuis l’été, apparaît d’un coup en haut d’un arbre.

Est-il dangereux ?

Loin de son nid, le frelon asiatique n’attaque pas les humains ; il s’intéresse aux insectes, aux fruits mûrs, parfois aux poissons ou à la viande d’un étal. Sa piqûre est douloureuse, comparable à celle du frelon européen.

Le danger est près du nid. Une colonie dérangée, par un taille-haie, une échelle, une branche secouée, se défend en groupe, et les piqûres multiples peuvent être graves. Les nids primaires, bas et petits, sont souvent découverts par hasard en taillant une haie ou en ouvrant un abri de jardin.

Vous avez trouvé un nid

Ne le détruisez jamais vous-même, quelle que soit sa taille. Éloignez-vous, notez où il se trouve et à quelle hauteur, prenez une photo de loin si possible, puis :

  • Prévenez votre mairie. Beaucoup de communes et d’intercommunalités ont une démarche de signalement du frelon asiatique, et certaines prennent en charge une partie du coût de la destruction.
  • Faites appel à un désinsectiseur, qui détruit le nid avec un produit adapté, souvent à l’aide d’une perche télescopique, et le retire quand c’est possible.
  • Les pompiers n’interviennent en général qu’en cas de danger immédiat, par exemple un nid dans une école ou sur la voie publique ; les règles varient selon les départements.

Un nid découvert en plein hiver, vide et abîmé, n’a pas besoin d’être détruit : la colonie est morte, et le nid ne sera pas réoccupé.

Faut-il piéger ?

Les bouteilles remplies de bière, de sirop ou de vin sucré attrapent surtout d’autres insectes : mouches, papillons, guêpes, et beaucoup d’insectes utiles. Le Muséum national d’histoire naturelle déconseille ce piégeage non sélectif, qui ne fait pas reculer le frelon asiatique et nuit au reste de la faune.

Les apiculteurs protègent leurs ruches avec des pièges plus sélectifs, qui laissent ressortir les petits insectes, posés près du rucher quand les frelons chassent devant les ruches. Pour un particulier sans ruches, la mesure la plus utile reste de signaler les nids. Le Muséum rappelle qu’une destruction a surtout de l’intérêt avant l’automne, quand elle empêche le départ des futures reines ; un nid découvert en plein hiver, abandonné, n’a plus besoin d’être détruit ; en fin d’automne, demandez conseil à votre mairie, car il peut encore être actif.

Questions fréquentes

Comment reconnaître un frelon asiatique ?

À son corps très sombre, à la large bande orangée près du bout de l’abdomen et à ses pattes au bout jaune vif. Le frelon européen est brun-roux et jaune, avec un abdomen rayé.

Le frelon asiatique est-il plus dangereux que le frelon européen ?

Sa piqûre est comparable. Il est surtout dangereux près de son nid, que la colonie défend en groupe ; loin du nid, il n’attaque pas les humains.

Qui détruit un nid de frelons asiatiques ?

Un désinsectiseur, après avoir prévenu votre mairie, qui connaît souvent la démarche locale et participe parfois au coût. Les pompiers interviennent surtout en cas de danger immédiat.

Un nid de frelons asiatiques est-il réutilisé l’année suivante ?

Non. La colonie meurt en hiver ; seules les jeunes reines survivent, cachées ailleurs, et chacune fondera un nouveau nid au printemps.

Mise à jour le 4 novembre 2026.