Reconnaître un cafard de jardin
Ce qui frappe d’abord, c’est la taille : de 8 à 12 mm, soit un peu plus qu’un grain de riz. La couleur vient ensuite, un brun clair qui tire sur le jaunâtre, plus pâle que les blattes sombres qu’on imagine d’ordinaire. Les ailes couvrent presque tout l’abdomen, ce qui donne à l’insecte un corps allongé, assez lisse, qui prend facilement son envol quand on l’approche.
Le moment compte autant que l’aspect. On le voit surtout de juin à septembre, à la tombée du jour, posé sur un mur clair près d’une fenêtre, sur un rideau ou autour d’une lampe. Le Muséum national d’histoire naturelle, dans l’inventaire INPN, recense plusieurs espèces d’Ectobius en France, des petites blattes des bois dont les plus courantes sont Ectobius lapponicus et Ectobius vittiventris selon les régions. À l’œil nu, vous n’avez pas besoin de les départager, puisque la conduite à tenir est la même.
Si un doute demeure, l’identificateur « Quelle est cette petite bête ? » propose les bêtes probables à partir de l’endroit, de la taille et de la couleur, et les montre à leur taille réelle sur l’écran.
Pourquoi il entre chez vous l’été
Le cafard de jardin vit dehors, dans la litière végétale (la couche de feuilles mortes qui recouvre le sol), au pied des haies et dans les broussailles. Les adultes volent au crépuscule, et l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE) rappelle que beaucoup d’insectes nocturnes sont attirés par les sources lumineuses. Vous allumez le salon, la fenêtre reste ouverte, et un insecte qui passait par là entre en suivant la lumière.
Les visites se concentrent ainsi sur quelques semaines de l’année, et elles sont plus fréquentes dans une maison entourée de végétation ou de tas de feuilles contre les murs. Elles ne signalent aucun défaut d’entretien.
Pourquoi il ne s’installe pas
Une maison ne lui offre pas ce dont il a besoin : il lui faut un milieu extérieur, avec des feuilles en décomposition et de la végétation, et on n’en trouve pas dans une cuisine. Il se distingue en cela de la blatte germanique, adaptée à la chaleur des habitations, qui y trouve de quoi vivre et se reproduire en continu.
Le mot infestation désigne justement cette installation durable avec reproduction. Un cafard de jardin qui entre un soir d’août n’en forme pas une, quel que soit le nombre de fois où il se pose sur le mur du salon durant l’été.
Cafard de jardin ou blatte germanique
La confusion vient de la ressemblance, avec des tailles voisines et des couleurs proches. Quelques critères permettent pourtant de trancher. La blatte germanique (Blattella germanica) porte deux bandes sombres bien nettes sur le thorax, la partie située entre la tête et l’abdomen, alors que l’Ectobius n’a pas ces deux bandes franches. Elle vit aussi toute l’année dans les zones chaudes et humides, cuisine et salle de bain, et ne sort guère que la nuit.
| Critère | Cafard de jardin (Ectobius) | Blatte germanique |
|---|---|---|
| Taille | 8 à 12 mm | 11 à 15 mm environ |
| Couleur et dessin | Brun clair à jaunâtre, pas de deux bandes nettes sur le thorax | Brun clair avec deux bandes sombres sur le thorax |
| Ailes | Couvrent presque tout l’abdomen, vole facilement | Présentes, mais vole rarement |
| Saison | Surtout de juin à septembre | Toute l’année |
| Lieu et heure | Fenêtres, murs clairs, lampes, en soirée | Cuisine, salle de bain, la nuit |
| Traces | Aucune dans la maison | Crottes, mues, odeur |
Les traces constituent le critère le plus sûr, car elles s’installent là où l’insecte vit. Si vous n’en trouvez aucune dans la cuisine et que la bête a été vue près d’une fenêtre en été, il s’agit probablement d’un Ectobius, même si plusieurs blattes d’extérieur se ressemblent et qu’un doute reste possible. Pour reconnaître et traiter la blatte germanique, la page cafards dans la maison détaille les signes et la marche à suivre.
Est-ce dangereux ou un signe de saleté ?
Le cafard de jardin ne pique pas et ne mord pas. Il n’est pas connu pour envahir les placards ni pour s’attaquer aux provisions, puisqu’il se nourrit dehors de matières végétales. S’il est passé sur un aliment resté à découvert, le plus simple est de jeter ou de laver l’aliment, comme après le passage de n’importe quel insecte, en suivant les règles d’hygiène alimentaire rappelées par l’ANSES.
Le raccompagner dehors et limiter les entrées
Pour que les visites se raréfient, quelques gestes suffisent :
- Posez une moustiquaire aux fenêtres que vous ouvrez le soir, car c’est par là que passent les adultes attirés par la lumière.
- Vérifiez les joints sous les portes, en particulier celle qui donne sur le jardin, et remplacez ceux qui sont abîmés.
- Évitez de laisser une pièce éclairée, fenêtre ouverte, à la tombée du jour, ou fermez volets et rideaux avant d’allumer.
- Ramassez les tas de feuilles contre les murs, qui abritent les jeunes et rapprochent la population de la maison.
Quand chercher autre chose
Certains signes indiquent que la bête n’est pas un Ectobius de passage. Des blattes vues en nombre, de nuit, en plein hiver comme en été, avec des jeunes de tailles très différentes, évoquent une colonie installée. Des petites crottes sombres, des mues (les peaux abandonnées à chaque croissance) ou une odeur persistante dans la cuisine vont dans le même sens. Il s’agit alors sans doute de blattes germaniques. Si la colonie est ancienne ou étendue à plusieurs pièces, un professionnel est le bon interlocuteur.
Sources
Questions fréquentes
Les cafards de jardin attirent-ils les blattes germaniques ?
Non. Ce sont deux espèces différentes, aux milieux de vie différents. Le cafard de jardin vient de la végétation et de la lumière, et la blatte germanique d’une colonie déjà présente dans le logement ou l’immeuble.
Faut-il traiter la maison si on en trouve un seul ?
Non. Un individu isolé, vu en été près d’une fenêtre, ne justifie aucun traitement. La situation change si les signes décrits plus haut apparaissent, en particulier des traces dans la cuisine ou la salle de bain.
Les cafards de jardin sont-ils utiles au jardin ?
Oui, à leur échelle. Ils se nourrissent surtout de matières végétales en décomposition et participent au travail des petits décomposeurs de la litière. Ils servent aussi de proies à des oiseaux et à des araignées, une raison de plus de les relâcher dehors.
